« Le gouvernement nous a présenté aujourd’hui un budget sans éclat qui ne fait que poursuivre des politiques qui ne suscitent aucun espoir pour les chômeurs et les étudiants du Québec », de déclarer le président de la CSN, Louis Roy. Son choix budgétaire de maintenir l’atteinte du déficit zéro en 2013-2014 mènera inévitablement encore à une suppression de services et restreindra sa capacité de soutenir le développement économique de tout le Québec.
 

Le dernier budget a conduit à des compressions importantes dans les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation ainsi que dans les autres missions de l’État. Avec un maigre 4,7% de financement des dépenses en santé, 2,2% en éducation, seulement 1,6% pour les familles et les aîné-es et une réduction de 0,9% des autres missions, les compressions sont encore plus importantes dans ce budget-ci et s’ajoutent à celles de l’an dernier. Des choix qui auront pour conséquences d’accélérer la marchandisation de certains services et ainsi d’en reporter les effets sur les individus, comme par exemple le crédit d’impôt remboursable pour le maintien à domicile. Rien dans cette mesure ne soutient la création d’un véritable réseau de services permettant aux aînés de mieux vivre à domicile.

«Pourquoi autant d’austérité alors que le déficit du Québec, en 2011-2012, ne représente qu’un pour cent du PIB ? se demande le président de la CSN. En début d’année, même l’OCDE invitait les États à la prudence dans le contexte de la crise économique, les incitant à prioriser nettement la relance de l’activité économique et la réduction des inégalités. Nous réitérons notamment notre opposition à la contribution santé qui ne fera qu’accroître les inégalités.»

Hausse des droits de scolarité
Pour la CSN, le gouvernement fait fausse route avec l’augmentation des droits de scolarité. Il est évident que cette hausse participera à accroître l’endettement des étudiants et des familles, et réduira l’accessibilité aux études supérieures, notamment pour les étudiantes et les étudiants moins nantis ainsi que ceux de la classe moyenne. «L’éducation est un enjeu déterminant pour l’avenir du Québec. Le gouvernement devrait en faire une priorité nationale. Il est temps qu’il écoute la jeunesse du Québec et qu’il investisse davantage en éducation», d’ajouter Louis Roy.

Le mirage de la retraite
Au chapitre des régimes de retraite, la CSN considère que le régime volontaire d’épargne retraite (RVER) est une erreur, une fausse solution à un vrai problème pour la majorité des travailleuses et des travailleurs qui n’ont aucun régime complémentaire de retraite. Cette mesure fait porter sur les seules épaules des individus les obligations et les risques liés au RVER. «Nous devons collectivement nous assurer que les retraités ne vivent pas dans la pauvreté. Pour atteindre un tel objectif, tous, même les employeurs, doivent contribuer. Pourquoi le gouvernement s’empresse-t-il à instituer ce régime et à imposer sa recette, alors qu’il met à l’œuvre un comité d’experts pour analyser le système de retraite?» La CSN, tout comme d’autres organisations syndicales et patronales, réclame plutôt la mise en place d’un comité tripartite pour étudier l’ensemble de ce système.

Le Plan Nord
Nous saluons l’intention du gouvernement de favoriser la transformation des ressources naturelles ici au Québec et sa participation financière dans des projets. Toutefois, nous déplorons son manque de volonté pour soutenir la deuxième et la troisième transformation et pour garantir une exploitation dans l’esprit d’un développement durable. «Les études contradictoires concernant le développement du Nord, sous ces différents aspects, nous invitent à la prudence. Avant d’aller trop loin, le gouvernement doit poursuivre ses investigations. Il doit aussi s’engager à établir un régime de redevances juste et équitable qui génère des revenus plus importants pour l’État», de soutenir Louis Roy.

L’investissement annoncé dans l’industrie forestière, la deuxième et la troisième transformation constitue un pas dans la bonne direction. Par ailleurs, la CSN est déçue du manque de soutien aux autres secteurs de l’économie. Le Québec a eu son lot de fermetures d’entreprises au cours des derniers mois. La croissance économique est fragile et nous aurions souhaité un appui plus tangible du gouvernement. Le Québec a perdu de nombreux emplois dans la deuxième moitié de 2011 et le taux de chômage demeure préoccupant.

«Le Québec aurait dû se donner des marges de manœuvre supplémentaires notamment en exigeant plus de redevances, en s’assurant que les entreprises font leur juste part et en rehaussant l’impôt des individus qui ont de hauts revenus», de conclure le président de la CSN.

La CSN, fondée en 1921, représente 300 000 membres répartis dans les secteurs public et privé.

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