Comm-5-octEn cette Journée mondiale des enseignantes et des enseignants, la CSN et la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) déplorent la dévalorisation croissante de la mission de l’éducation et la détérioration des conditions de l’enseignement.

Rappelant que cette journée a été instaurée par l’UNESCO, en 1994, afin de souligner le rôle essentiel que joue le personnel enseignant en éducation, la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher, trouve désolant d’assister à une dépréciation constante de celui-ci. «Nous devons combattre cette approche marchande de l’éducation qui mise uniquement sur la performance et banalise la mission du système de l’éducation et du personnel enseignant qui y joue un rôle clé. L’éducation n’est pas une simple machine à produire des diplômes. Valoriser l’éducation, c’est aussi respecter les personnels qui s’y investissent. Or, nous assistons à une détérioration des conditions d’enseignement et à une précarisation inquiétante de cette profession.»

Le personnel enseignant non permanent croît de façon phénoménale, selon les données colligées par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) de 1992 à 2008. Au niveau collégial, cette précarité a augmenté de 147% chez les femmes et de 59,3% chez les hommes entre 1990 et 2007.

Pour sa part, la présidente de la FNEEQ, Caroline Senneville, précise qu’en plus de la précarité, les enseignants subissent de plus en plus souvent une remise en question de la valeur de leur travail, notamment par la promotion d’une rémunération liée à la performance. « Nous nous opposons fermement à cette forme de rémunération basée sur le rendement scolaire des étudiants. L’expérience a démontré que cela n’augmente pas la motivation, mais qu’elle est au contraire dévalorisante et sans effets réels sur les résultats scolaires. De plus, cela favorise l’ingérence dans l’autonomie professionnelle. » En outre, à l’instar de l’Internationale de l’Éducation, à laquelle la FNEEQ est affiliée, elle ajoute que «plus que jamais, les enseignantes et les enseignants ont besoin de l’expression du soutien des communautés qu’ils servent, et ce, pour l’avenir de la profession, des écoles, des élèves et des étudiants.»

Partout dans le monde, l’éducation subit les conséquences négatives des diktats économiques qui dénaturent sa mission et dévaluent le statut du personnel enseignant. La situation est à ce point critique, que le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, qualifie l’enseignement de «profession en état de siège», dans une déclaration faite plus tôt cette semaine à Genève.

La CSN compte soumettre ses préoccupations et ses positions contenues dans sa nouvelle plateforme de l’éducation aux ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et la FNEEQ leur rappellera la nécessité de soutenir la profession enseignante.

La CSN est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La FNEEQ-CSN est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec. Elle regroupe plus des deux tiers des enseignantes et des enseignants de cégep et la vaste majorité des chargé-es de cours des universités ainsi que les tuteurs et les tutrices de la TELUQ. Le personnel de 34 établissements d’enseignement privés est également membre de la FNEEQ-CSN.

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