Des personnes chargées de cours et étudiantes de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), appuyées par des délégations syndicales issues d’une dizaine d’universités québécoises, se sont rassemblées aujourd’hui pour dénoncer la précarité de leurs conditions de travail et réclamer une meilleure reconnaissance de leur contribution à l’enseignement supérieur.
En négociation depuis septembre 2025 et sans contrat de travail depuis le 1er janvier 2026, le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQO (SCCC-UQO) intensifie ses moyens de pression. La mobilisation s’est tenue en parallèle d’une grève étudiante générale portant sur la rémunération des stages.
Pour la présidente du SCCC-UQO, Marie-Josée Bourget, cette mobilisation survient à un moment charnière : « Nous sommes à un tournant important de la négociation. Le soutien reçu aujourd’hui nous donne l’élan nécessaire pour aborder des enjeux majeurs, comme l’intelligence artificielle qui menace nos emplois, la liberté universitaire qui diminue d’année en année, l’appréciation de l’enseignement qui inclut fréquemment des commentaires inappropriés ainsi que le congé de maternité qui précarise plusieurs femmes. »

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais–CSN (CCNO-CSN), Alfonso Ibarra Ramirez, a pour sa part insisté sur l’urgence d’un changement de cap : « Dans le contexte du renouvellement de leur convention collective, il est temps de reconnaître concrètement leur apport. Ce n’est pas en refusant de leur donner les conditions de travail et la rémunération qu’ils méritent qu’on reconnaîtra leur contribution à sa juste valeur. »
Du côté étudiant, la question des stages non rémunérés demeure centrale. « Les stages font partie intégrante de notre formation et répondent à des besoins bien réels dans les milieux. Il est essentiel que ce travail soit reconnu et rémunéré pour éviter de perpétuer la précarité étudiante », a affirmé la vice-présidente du Regroupement des étudiantes et des étudiants en travail social de l’UQO, Nellie Émond.
Le SCCC-UQO prévient que d’autres moyens de pression pourraient être envisagés si les discussions n’aboutissent pas à des avancées significatives dans les prochaines semaines.







