Il ne suffit pas de changer de premier ministre pour faire disparaître d’un coup de baguette magique le manque de vision du gouvernement au pouvoir en matière d’éducation et d’enseignement supérieur.
« Dans son discours inaugural, la nouvelle première ministre n’a pas dit un mot sur l’enseignement supérieur, victime de sous-financement chronique. Elle s’est contentée de répéter, telle une vieille cassette, la promesse de François Legault de ne pas toucher aux services aux élèves du primaire et du secondaire. On connait la conclusion de ce mauvais film : les populations étudiantes en pâtissent. »
Benoît Lacoursière
Président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)
En effet, alors que 65 % des bâtiments des cégeps sont vétustes selon la Vérificatrice générale, qu’on observe une pénurie de locaux, que le gel d’embauche se poursuit avec comme conséquence la réduction du bouquet de services, que les universités peinent à boucler leur budget et que les écoles tombent en lambeaux, il n’y a pas un sou d’investi pour nos jeunes. Rebelote, Christine Fréchette préfère réduire les impôts, privant l’État de l’argent dont il a besoin pour financer les services publics. Il faut mettre un terme à ce cycle d’austérité.
« C’est un gouvernement usé qui tente de maquiller son bilan des huit dernières années en offrant de nouvelles baisses d’impôt ou de taxes, selon une stratégie purement électoraliste. Dans notre région, comme partout ailleurs dans la province, nous voyons clair et nous avons de la mémoire. Nous continuons de faire front contre la CAQ », rappelle Pascal Bastarache, président du Conseil central du Cœur du Québec (CCCQ–CSN).
La même CAQ a proposé ou récemment fait adopter des lois inquiétantes en matière d’atteintes aux droits fondamentaux. À l’évidence, Christine Fréchette est loin de s’inscrire en rupture avec le legs de son ancien patron. Sous sa gouverne sont maintenus le PL9 sur la laïcité de l’État (devenu la Loi 6), le PL13 (devenu la Loi 7), qui vient restreindre le droit de manifester, et le PL3 (devenu la Loi 4), qui s’attaque à l’autonomie et à la gouvernance des organisations syndicales.
Ces attaques Legault-Fréchette contre les droits syndicaux ne visent qu’à affaiblir celles et ceux qui s’opposent au rouleau compresseur caquiste, particulièrement les travailleuses et les travailleurs qui bâtissent le Québec, alors que les voix progressistes se trouvent au cœur de la lutte pour une amélioration des conditions de vie de la population.
« Vivement la tenue d’élections générales, qu’on en finisse avec ce gouvernement mort-vivant qui n’a plus la légitimité pour adopter des réformes à quelques mois du scrutin d’octobre. Nous ne relâcherons pas la pression d’ici là », conclut Benoît Lacoursière.
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