En enseignement supérieur, les portes tournantes ministérielles n’ont su provoquer que désolation et reculs: des compressions historiques dans les cégeps et un sous-financement chronique dans les universités ; des bâtiments qui tombent en ruine ; des interventions politiques dans les cours au collégial au mépris de la liberté académique ; des classes de francisation fermées, des bourses sans perspective, mal ciblées qui n’ont évidemment pas su attirer la relève dans nos milieux de travail ; une vision strictement affairiste des formations offertes dans nos établissements ; etc. Bref, le cortège de ministres absent·es qui ont apparemment eu la responsabilité de ce portefeuille a échoué.
En éducation, nul besoin de rappeler le douloureux mélodrame vécu il y a un an ces jours-ci, alors que 540 millions de dollars étaient amputés des budgets des centres de services scolaires sans préavis. La mobilisation citoyenne estivale aura forcé le gouvernement à reculer partiellement à un an des élections et au plus bas dans les sondages. Cependant, le retour à un certain statu quo budgétaire signifie, dans les faits, un sous-financement récurrent. Les murs craquent, les classes débordent, les services aux élèves sont faméliques, le personnel enseignant tombe malade ou quitte carrément la profession, les recrues qualifiées boudent les écoles, etc. Pas de doute, la boussole du tableau de bord gouvernemental est déréglée. De nouveau, la CAQ n’obtient pas la note de passage.
À la FNEEQ-CSN, nous souhaitons plus que jamais un coup de barre en éducation ainsi qu’en enseignement supérieur et proposons moult solutions. L’austérité que le gouvernement impose sans la nommer, à courte vue mais aux conséquences à long terme, sape les fondements des deux réseaux. Plus encore, elle coupe les ailes à des milliers de jeunes qui peinent souvent à joindre les deux bouts, triment dur pour obtenir leur diplôme et – ce n’est pas un slogan – représentent notre avenir.
Ne sommes-nous pas mûr·es pour une réflexion d’envergure afin de remettre l’éducation et l’enseignement supérieur au cœur de notre projet collectif ? Voilà un enjeu crucial dont il faudra discuter lors de la campagne électorale de la rentrée et qui devra occuper une place centrale dans le mandat du prochain gouvernement du Québec.
Benoît Lacoursière
Président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)
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