« Transformer, humaniser… ENSEIGNER. Voilà ce qui définit notre action en tant que personnes enseignantes, présentes tout au long du parcours éducatif, de la maternelle à l’université. Malgré un métier en changement, l’humain doit demeurer au centre de notre profession. Mais comment protéger la relation humaine ? La discussion est lancée. »
Le comité organisateur du Grand rendez-vous de l'éducation de la FNEEQ
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Lors du 34e Congrès de la FNEEQ–CSN, les personnes déléguées ont largement exprimé le souhait d’organiser une rencontre afin de discuter de la déshumanisation de l’éducation et de l’enseignement supérieur et d’en faire l’une des priorités du mandat. Les enjeux contemporains de la profession enseignante et les menaces qui pèsent contre elle seront abordés à partir de trois grandes orientations.
Sociologue et auteur
Jean-Philippe Pleau détient une maîtrise en sociologie de l’Université Laval et travaille à la radio de Radio-Canada depuis 2005. Il a d’abord réalisé et co-animé l’émission satirique Le Sportnographe avant de co-animé l’émission C’est fou avec Serge Bouchard de 2010 à 2021. Il anime maintenant l’émission Réfléchir à voix haute depuis 2021.
Il est l’auteur de deux recueils d’essais, publiés chez Lux Éditeur : Au temps de la pensée pressée (2023) et Le silence des néons (2026) et d’un roman, Rue Duplessis, ma petite noirceur (2024), qui a été adapté au théâtre en 2025 puis présenté au théâtre Jean Duceppe puis en tournée au Québec en 2026.
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Invitation de Jean-Philippe Pleau
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Pourquoi participer au Grand rendez-vous ?
Transformation de la profession enseignante
Approfondir les enjeux sur la transformation de la profession auxquels les personnes enseignantes sont exposées et identifier les moyens pour y faire face.

Tous les membres de la FNEEQ le constatent dans les classes et les salles de cours : la profession enseignante se transforme à la vitesse grand V. Sous la forme de conférences, de panels, de discussions, d’ateliers et de plénières, plusieurs thématiques seront abordées avec pour objectif de dégager des pistes d’actions pour mieux comprendre et faire face au changement de notre profession.
Par exemple, l’irruption des intelligences artificielles génératives (IAg) a causé un véritable électrochoc en éducation. Comment prévenir la réduction de la capacité de réflexion et d’apprentissage (décharge cognitive) et soutenir le personnel enseignant ? Du plagiat à la falsification de travaux de recherche, l’intégrité intellectuelle et académique demeure aussi un défi de tous les instants. Surgissent également plusieurs préoccupations et questionnements de personnes enseignantes quant à la qualité de la formation à l’ère de l’IAg ainsi qu’au rapport que nous entretenons au savoir, tant pour les enseignant·es que les apprenant·es.
Aussi, nombreuses sont les personnes enseignantes qui témoignent de la complexification des relations pédagogiques. Les discussions viseront à redéfinir le rôle enseignant face à une population étudiante en changement (situation de handicap, diversité culturelle, diversité sexuelle, postures idéologiques, etc.)
Conseillère au développement pédagogique des programmes et à la conduite du changement, Service de soutien à l'enseignement, Université Laval Doctorante en administration et politiques de l'éducation, Université Laval
Natacha Gaucher compte plus de vingt ans d’expérience dans le réseau collégial, où elle a exercé comme professeure, présidente du syndicat des professeures et professeurs et conseillère pédagogique. En tant que conseillère à l’Université Laval, elle accompagne les équipes-programmes dans l’évolution de leurs programmes et la réflexion collective sur les transformations de l’enseignement supérieur, notamment celles liées à l’intelligence artificielle générative. Elle enseigne également à la maîtrise et au DESS en enseignement collégial. Ses travaux doctoraux en administration et politiques de l’éducation portent sur l’expérience professionnelle des directions de programme d’études, en particulier les tensions de ce rôle, la reconnaissance et les obstacles liés au genre.
Structure et systèmes de l’éducation : analyse des inégalités et des solutions possibles
Identifier les problématiques dans le système scolaire qui mènent à des inégalités et proposer des pistes de changement.

L’actualité évoque de plus en plus le concept d’école à trois vitesses afin de décrire le système scolaire québécois. Des observateurs et des observatrices n’hésitent plus à parler de « ségrégation scolaire ». Comment réduire les inégalités socio-économiques dans notre système scolaire ? Comment réajuster le tir pour favoriser davantage l’égalité sociale ? En séparant très tôt les artistes des sportifs, les scientifiques des humanistes, et surtout en réservant ces parcours aux plus avantagés, ne les prive-t-on pas des rencontres les plus stimulantes, celles où l’autre nous ouvre à de nouveaux horizons ? Comment faire de nos réseaux des milieux inclusifs qui intègrent les élèves et personnes étudiantes en difficulté ?
Ce second axe d’orientation abordera également la culture de l’éducation qui dérive vers le clientélisme et la performance. Nous élaborerons des moyens d’action afin de s’éloigner de la « machine à diplomation » pour valoriser plutôt la découverte et la réussite. Comment, dans ce contexte, nous assurer que les décisions pédagogiques sont les meilleures, et pas simplement les plus à même de faire bouger les « indicateurs de performance » dans la bonne direction ? Remettre la culture de l’apprentissage à l’avant-plan, voilà un projet qui nécessite réflexion.
Enseignant de sociologie au Cégep de Sherbrooke
Christophe Allaire Sévigny enseigne la sociologie au Cégep de Sherbrooke. Il est l’auteur de l’essai Séparés mais égaux : enquête sur la ségrégation scolaire au Québec (Lux Éditeur) pour lequel il a reçu le Prix Pierre-Vadeboncoeur et a été finaliste au Prix de la présidence de l’Assemblée nationale. Il est aussi le créateur du balado Distances sociales : carnet d’un sociologue ambulant.
Emmanuelle Doré est professeure en gestion de l’éducation et de la formation à l’Université de Sherbrooke et membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE)
Titulaire d’un doctorat en éducation, Emmanuelle Doré inscrit ses travaux dans une perspective critique et de justice sociale. Ses recherches portent sur les discours publics entourant l’éducation inclusive, les représentations médiatiques et la valeur sociale des carrières en éducation. Mobilisant l’analyse critique du discours et la recherche-action, elle étudie également les rapports de pouvoir, le leadership, la collaboration et l’accompagnement dans les organisations éducatives.
Membre de la Nation Wendat | Étudiant de 2e année au baccalauréat spécialisé en sciences politiques à l’Université d’Ottawa
Membre de la Nation Wendat, originaire de Wendake, Ha’dishrayen Diego Gros-Louis poursuit un baccalauréat spécialisé en sciences politiques à l’Université d’Ottawa. Engagé dans sa communauté, il s’intéresse particulièrement à l’éducation, à la transmission des savoirs et à l’autodétermination des Premières Nations.
Formé à l’École des dirigeant·e·s des Premières Nations de HEC Montréal ainsi qu’au CIÉRA de l’Université Laval, il participe aux travaux du Conseil en Éducation des Premières Nations entourant le développement de la future Maison des savoirs.
Actif depuis plusieurs années dans le domaine du tourisme culturel à Wendake, notamment au Musée huron-wendat, il contribue à faire découvrir et à transmettre l’histoire, les traditions et la culture de sa Nation. Il intervient également comme formateur sur les droits des peuples autochtones et les mécanismes internationaux de défense de leurs droits.
Présidente de la FNEEQ de 2018 à 2024
Caroline Quesnel est retraitée de l’enseignement de la littérature au niveau collégial. Après avoir été présidente de son syndicat local, au Collège Jean-de-Brébeuf, elle a milité durant plus de quinze ans à la FNEEQ. D’abord membre du bureau fédéral, elle a été élue en 2012 à la vice-présidence responsable du regroupement privé; en 2017, elle est devenue secrétaire générale et trésorière et, enfin, présidente de la fédération de 2018 à 2024. Aujourd’hui, elle est ombudsman de la CSN et elle poursuit son engagement politique à titre de conseillère municipale à la ville de Rigaud.
L’être humain au cœur d'une profession en évolution constante
Appréhender les difficultés vécues sur le plan humain auprès des acteurs de la profession enseignante et identifier les principaux facteurs organisationnels en cause et les solutions possibles à court, moyen et long terme.

Alors que nos établissements peinent à recruter du personnel enseignant dûment qualifié, que le métier est peu valorisé, que plusieurs choisissent de le quitter après quelques années, les personnes réunies au Grand rendez-vous seront appelées à réfléchir, entre autres, sur la perte de sens au travail. En effet, les personnes enseignantes ne se sentent ni écoutées ni reconnues par la société, malgré leur compréhension intime des problématiques rencontrées par et dans le système éducatif. Nombre d’entre elles, bien qu’animées par une puissante aspiration vocationnelle, sont découragées par cette évidente absence de cohérence entre les besoins exprimés par le milieu et les réponses apportées par les décideurs politiques.
Au fil des ans, la lourdeur administrative et la reddition de comptes se sont ajoutées aux autres tâches périphériques déjà présentes, grugeant toujours plus l’espace réservé pour l’enseignement. De cette lourdeur découle une augmentation du risque d’épuisement professionnel ou d’abandon du métier. Comment freiner l’exode du personnel enseignant ? Comment réduire la précarité ? Comment faciliter l’intégration des recrues dans la profession ? Comment redonner le goût de transmettre le savoir ?
Ensemble, dégageons des pistes d’action.
Panel
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Chargée de cours, Université du Québec à Rimouski (UQAR)
Titulaire d’un doctorat en didactique des mathématiques, Michèle Tessier-Baillargeon est chargée de cours en sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAR.
D’abord formée en enseignement des mathématiques au secondaire, elle s’est aussi passionnée pour l’exercice de la pensée mathématique chez l’enfant de niveau primaire, un moment charnière où le développement du raisonnement pose des bases décisives pour tout le parcours scolaire et personnel. Ses réflexions portent sur la motivation humaine à apprendre et sur ce qui pousse enfants, adultes et communautés à engager leur énergie dans la recherche de sens, notamment à travers la résolution de problèmes.
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Michèle Tessier-Baillargeon propose de dépasser les exercices et programmes rigides au profit d’une expérience mathématique vivante et organique, pilotée par l’expertise des enseignantes et enseignants et soutenue par l’ensemble du réseau scolaire. Imaginant la classe comme un lieu où les enfants agissent en véritables mathématiciens et où l’évaluation devient un levier d’accompagnement plutôt qu’un outil de reddition de comptes, elle s’interroge sur le rôle de l’école et sur la formation des enseignant.es nécessaire pour incarner cette vision d’une école signifiante, engagée et bienveillante.
Comité organisateur du Grand rendez-vous